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Anaïs ArtificeChaleur et Winter
August 21 3 - LA FORÊT MAUDITE
Je courais presque nue dans la nuit noire, presque nue dans la forêt. J’avais quitté enfin ma rivière caressante, abandonné cette mousse qui sentait le gâteau vanillé et qui m’avait recueillis ronronnante et si peu vêtue. Si peu…
Il n’y avait eu qu’un voile de lune pour m’habiller, d’une qualité si fine qu’elles enrobait mes seins lourds, d’une poussière jaune d’étoiles. Que la soirée était douce là-bas contrairement à cette nuit froide qui à ce moment même, pinçait ma peau vigoureusement. Les branches fouettait mes sens, moment délicieux qui diminuait ma fatigue, augmentant le son lointain de mon cœur dans ma cervelle. Je me sentais fougueusement en vie comme si les digues cédaient enfin, libérant en moi cette passion sauvage, éternelle et secrète.
Il était là, LUI, comme un vent chaud sur ma peau humide et frissonnante. Une odeur musquée et lourde s’entortillait autour de moi, entêtant ma tête d’images rouges et brûlantes. Comme un animal, il me traquait sans relâche depuis mon entrée dans le bois fantôme. Il me chuchotait suavement de rester, d’arrêter ma vaine poursuite. Qu’il serait pire que le poète… ou au pire mieux…
La tête me tourna, mes pieds nus s’accrochèrent dans les racines d’un chêne deux fois centenaire. Mon corps s’étala dans les feuilles odorantes qui jonchaient le sol. J’haletais exténuée, ma chevelure étalée comme des méduses rouges sanglantes, me recouvrait partiellement. Ma robe diaphane relevée sur mes fesses, je gisais en victime consentante. C’est ainsi qu’il rampa félin, afin de s’insinuer dans la conversation de mes jambes écartées. Il se faufilait lentement, enflant mon ventre d’un désir qui me dépossédait. J’avais beau établir une certaine résistance, ma volonté faiblissait sous LUI. L’odeur de la terre fraîche enrobait mes narines, puis vint celle du souffre qui embrouillait mon cerveau avec délectation. L’enfer avait une fragrance particulière, un mélange de sexe et de sucre qui balayait tout. Puis un murmure dans mon oreille… Viens avec moi Anaïs, je t’amènerai à ELLE…
Comment LUI résister ? Anaïs Artifice n’avait été créé que pour sombrer plus profondément. Une femme exutoire voilà ce qu’elle était. Observatrice de sa propre chute avec le sourire doux de quelqu’un qui n’a plus rien à perdre. Si elle avait le diable au corps, il valait mieux le regarder en pleine face pour qu’il sache à qui il s’attaquait.
Sur ses pensées victorieuses, je me retournai sous LUI avec souplesse, étalai mes bras au dessus de ma tête en affrontant son regard rougeoyant avec le plus grand des sourires. Mon manque de peur soudain, le fit vaciller perdant ainsi un peu de consistance. Sa forme flou et sombre, tournoyait au dessus de moi avec hésitation, j’écartai mes cuisses chaudes en lui chuchotant avec une assurance non feinte.
Alors ? Montres-moi ce dont tu es capable et rira enfin celui qui tombera le premier…
Artifice August 08 IN MY ROOMIn your room
Where time stands still Or moves at your will Will you let the morning come soon Or will you leave me lying here In your favourite darkness Your favourite half-light Your favourite consciousness Your favourite slave In your room Where souls disappear Only you exist here Will you lead me to your armchair Or leave me lying here Your favourite innocence Your favourite prize Your favourite smile Your favourite slave Im hanging on your words Living on your breath Feeling with your skin Will I always be here In your room Your burning eyes Cause flames to arise Will you let the fire die down soon Or will I always be here Your favourite passion Your favourite game Your favourite mirror Your favourite slave Im hanging on your words Living on your breath Feeling with your skin Will I always be here Depeche Mode
June 08 BOULEVARD HAMELIls étaient tous là. Leurs regards sur ma peau, enchevêtrés dans leurs attentes. Je souriais doucement trouvant leurs respirations siamoises délicieuses. Le désir demande du temps pour se former, l’espace nécessaire tel l’arrondie d’un mouvement de jambe. Ils étaient tous habillés et j’étais nue. Allégorie purement physique que la mienne. Ils m’attendaient tous, là. C’était une bonne chose car j’avais décidé de les faire mijoter. Pour ainsi créer l’espace afin qu’ils puissent déchirer le moment de l’assaut. Qu’ils explosent en gestes déraisonnés. Qu’ils se fragmentent en parcelles d’eux, abstraites. Je les voulais en dérive furieuse. Tous dans mon ventre affamé, dans ma bouche gourmande, dans mon cul passoire. C’était comme une obsession, comme un martèlement. Et je souriais et souriais encore. Dieu que la nuit sera longue… Note à moi même: Ne pas oublier de remercier Dieu ! Artifice April 08 PLUS QUE PARFAITIl n’avait pas de nom. Il était parfait. Je le sentais plus sûrement que si il était réel. Son sexe chaud et caressant. Ses mots, des langues suaves et changeantes. Je le sentais en moi, dans ma tête. Il était grand dans ses assauts, persistant dans sa volonté de me mâter. Il me déjouait, me jouait, me désaccordait, me semait… Il savait lire mes grandes lignes, ces rides profondes à l’intérieur de ma peau. N’écoutais pas ma peau lisse mais ces imperfections et pour cela je jouissais honnêtement en lui donnant tout, en lui livrant ma félonie et mes mensonges. Il le méritait. Il me méritait. Artifice March 20 LSQCe serrement qu’il avait à bander de moi, me tiraillait les entrailles plus sûrement que bien des mots. Écartelée par ce langage gestuel, je devins muette. Artifice February 18 LUIJe lui avais intimé un rendez-vous. Dans cette attente , mon regard caressait le plafond avec ennui. Le lit où j’étais étalée, n’avait aucun confort. Je les aimais dure, sans rebond afin de bien le sentir, lui, pendant l’enfouissement. Ce silence avant les cris me remplissait de bonheur plus sûrement que l’acte lui-même. Tous ces états figés qui perdaient de leur fixité me fascinaient. C’est le passage qui me faisait frémir. Artifice February 17 PELAGEJ’avais mis une robe légère, celle qui porte les parfums roses de l’été. D’un tissu qui bouge avec vous, qui s’entortille sur la chair fraîche embaumant les yeux voyeurs des hommes. J’avais oint d’un mouvement circulaire long, les parties susceptibles d’être senties, goûtées, happées, dévorées. Encenser ma chair d’une huile épicée que tu pourrais humer. La fumant de ta langue y apposant ainsi ton fluide originel pour pouvoir mourir en odeur de sainteté. Artifice February 11 L’HÔTEC’est comme si elle me traversait, d’une part et l’autre. Elles se rencontraient avec empressement. Anaïs
January 31 ZONE X
Il y avait dans cette nuit, l’odeur du moment parfait. Celui qui nous prend par le ventre, qui fait arrêter le temps. Celui qui nous fait envisager la mort immédiate, d’une belle façon. Artifice January 29 SERREMENTSEntre mes cuisses, voilà ta place pour un moment. Entre, mes cuisses se place pour un moment. Anaïs HIBOUX, CHOUX, GENOUX…Tu t’agenouillas devant moi sur le tapis rêche. Ainsi, jespérais voir tes genoux rougies par l’ardeur que tu mettrais à me satisfaire. Ta position inconfortable me fit plaisir. Artifice January 25 ONDULATIONApproches… Il y en a pour tes yeux avides. Mmmmm… Il y en a pour ta langue humide. Viens. Anaïs January 23 OBSERVATIONC’était un sous-sol décevant. Des divans emmêlés, des jambes enjambés, des constricteurs de chair sans ambiance qui me laissait froide à l’intérieur. Des draps de coton immaculés les recouvraient afin d’assainir ceux qui les maculaient de leurs fluides magnifiques. Cette fausseté à vouloir transmettre quelque chose de propre m’ennuyait. J’aurais voulu arracher ces linceuls de mort et révéler ainsi les marques du plaisir, ces taches originelles. Mystifiant l’homme et sa jouissance. Artifice OJ’ai soif de peau comme une tendresse scotch tape. Artifice January 21 ALTERNATIVECe fut d’une manière bouleversée qu’il me caressât les fesses. D’une manière torturée, qu’il enfouit sa langue en elles! Me lubrifiant merveilleusement de sa salive, insérant son doigt afin de me préparer tendrement. Je soupirais d’aise, victorieuse d’avoir choisi la manière de ma première guerre. Une bataille alternative, non linéaire à l’image de mes pensées. Lorsqu’il s’enfouit dans mon cul, je fis aller mon bassin à sa rencontre pour que le choc soit plus violent dans ma tête. Lorsqu’il me mordit le dos pour étouffer sa jouissance, je versai, une larme de joie silencieuse devant l’étendu de mon plaisir. Devant sa perte. Artifice January 20 VENDREDI SOIRElle avait accepté de faire le chemin pour moi. Je lui avais ordonné de ne pas mettre de culotte. Trois heures de route c’était la totale pour laisser l’appréhension monter. À son arrivé, je la projetai contre la porte blanche. Palpant cette promesse humide, lui murmurant que je la lècherais comme elle le méritait. Je ne me permis aucune hésitation. Artifice January 19 PULSIONJe ne puis empêcherce questionnement porté vers la déstabilisation des sens.
Je ne puis que savourer la crispation de ses mâchoires devant ce besoin pulsionnel qu’il avait maintenant à me prendre violemment afin de taire en moi ce refut de céder.
Artifice December 29 ANARCHIEJ’aimais cette anarchie qui commençait à poindre, à émanerde lui. Elle n’était que l’égale de ma nature profonde. Alors ce fut un derrière haut et dansant que je lui présentai. Artifice December 28 CULOTJ’avoue avoir admiré son culot. J’avoue avoir pris plaisir à sa méchanceté qui n’avait d’autre but que moi. Artifice December 27 ANTITHÈSEJe voulais qu’il soit habillé et nu devant moi, que je sois nue mais habillée devant lui! Le voir se perdre, le voir chavirer, le voir devenir naufragé. Voir vainement ce sourire des vaincus… Artifice
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